Collagène et peau : quel est réellement son rôle ?

Collagène et peau : quel est réellement son rôle ?

Fabrice Turco

Collagène.

Le mot est partout.

Sur les soins.

Dans les compléments alimentaires.

Dans les discours consacrés au vieillissement cutané.

Il est devenu presque impossible de parler de fermeté ou de rides sans l’évoquer.

Et pourtant, derrière cette notoriété se cache une réalité biologique beaucoup plus intéressante que les promesses qui l’accompagnent parfois.

Le collagène n’est pas simplement « la protéine de la jeunesse ».

C’est avant tout l’un des éléments structurels essentiels de notre peau.

Pour comprendre son importance, il faut regarder sous la surface.

Où se trouve le collagène dans la peau ?

Notre peau est organisée en plusieurs couches.

À l’extérieur se trouve l’épiderme.

Sous celui-ci se trouve le derme.

C’est principalement dans le derme que l’on retrouve les fibres de collagène qui participent à l’architecture et à la résistance mécanique de la peau.

On peut imaginer cette structure comme un réseau.

Ce réseau ne travaille pas seul.

Il coexiste notamment avec l’élastine, l’acide hyaluronique et de nombreux autres constituants de la matrice extracellulaire.

La qualité visuelle et mécanique de la peau dépend donc d’un ensemble.

Pas d’une seule molécule.

Qui fabrique le collagène ?

Dans le derme, certaines cellules appelées fibroblastes participent notamment à la production des composants de la matrice extracellulaire, dont le collagène.

Cette production fait partie du fonctionnement naturel de la peau.

Mais elle n’est pas immuable.

Comme nous l’avons expliqué dans notre article consacré à l’évolution de la peau avec l’âge, différents mécanismes biologiques se modifient progressivement au cours de la vie.

Le collagène n’échappe pas à cette évolution.

Que se passe-t-il avec le temps ?

Avec l’âge, la synthèse et l’organisation du collagène évoluent.

Parallèlement, les mécanismes responsables de sa dégradation continuent d’exister.

Progressivement, l’équilibre change.

Le réseau dermique peut devenir moins dense et moins organisé.

Cette évolution participe à plusieurs changements visibles :

une diminution progressive de la fermeté,

une modification de l’élasticité,

l’apparition et l’installation de certaines rides,

ainsi qu’une évolution générale de l’architecture du visage.

Mais il serait trop simple d’attribuer tous les signes du vieillissement au seul collagène.

La peau vieillit comme un système.

Le soleil influence-t-il le collagène ?

Oui, et de manière importante.

Les rayonnements ultraviolets participent au photovieillissement cutané.

Les expositions répétées peuvent favoriser différents mécanismes conduisant à l’altération de structures présentes dans le derme, notamment le réseau de collagène.

C’est pourquoi la protection solaire possède une place particulière lorsqu’on parle de prévention des signes visibles du vieillissement.

Nous recherchons souvent un actif capable de « produire davantage de collagène ».

Mais préserver les structures déjà présentes est également une stratégie fondamentale.

Le soin commence parfois par la protection.

Pourquoi les rides apparaissent-elles alors ?

Parce qu’une ride n’est jamais le résultat d’un seul phénomène.

Le collagène joue un rôle.

Mais interviennent également :

l’élastine,

l’hydratation,

la diminution de certains lipides,

les mouvements répétés du visage,

la gravité,

les expositions environnementales,

et les transformations progressives des différents tissus du visage.

Une ride d’expression n’a pas exactement la même origine qu’une fine ridule accentuée par la déshydratation.

Le visage est une architecture complexe.

Et c’est précisément pourquoi les explications trop simples sont rarement les plus justes.

Peut-on appliquer du collagène directement sur la peau ?

Oui, le collagène ou certains de ses dérivés peuvent entrer dans des formulations cosmétiques.

Mais cela ne signifie pas qu’une molécule de collagène appliquée à la surface du visage va traverser la peau pour aller reconstruire directement le réseau de collagène du derme.

Cette idée est trop simplificatrice.

Les molécules de collagène sont relativement volumineuses.

Dans une formulation cosmétique, leur intérêt peut notamment concerner les propriétés de surface, le film formé sur la peau ou le confort et l’hydratation selon la matière utilisée.

Appliquer du collagène n’équivaut donc pas à remplacer directement le collagène perdu dans le derme.

Cette distinction est essentielle.

Et le collagène hydrolysé ?

Lorsque le collagène est hydrolysé, il est fragmenté en éléments de plus petite taille, notamment des peptides.

Leur comportement diffère alors de celui du collagène natif.

Mais là encore, le simple mot « collagène » sur une formule ne permet pas de déterminer l’effet du produit.

  • La nature de la matière.
  • Son degré d’hydrolyse.
  • Sa concentration.
  • Le reste de la formulation.
  • Tout compte.

En cosmétique, un ingrédient n’existe jamais seul.

Une crème peut-elle stimuler le collagène ?

Certains ingrédients cosmétiques possèdent des données montrant qu’ils peuvent influencer des mécanismes associés au collagène ou améliorer certains signes visibles du vieillissement.

Mais il faut distinguer cela de l’idée selon laquelle n’importe quelle « crème au collagène » reconstruirait mécaniquement le derme.

Ce n’est pas la même chose.

Une formulation sérieuse se juge donc sur ses actifs, leurs concentrations pertinentes, la qualité de l’ensemble de la formule et les preuves associées aux revendications.

Pas simplement sur un mot spectaculaire placé sur l’étiquette.

Pourquoi parle-t-on autant des peptides ?

Les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés.

Certains sont utilisés en cosmétique pour différentes fonctions et certains ont été étudiés pour leur capacité à interagir avec des mécanismes cutanés.

Ils sont parfois présentés comme des « messagers ».

Cette image peut être utile, à condition de ne pas la transformer en promesse universelle.

  • Tous les peptides ne sont pas identiques.
  • Leur activité dépend de leur structure.
  • De leur concentration.
  • De leur stabilité.
  • Et de leur capacité à fonctionner dans la formule finale.
  • Là encore, la précision compte davantage que la tendance.

Et les compléments de collagène ?

C’est un sujet différent de la cosmétique topique.

Le collagène ingéré est digéré.

Il n’est pas transporté intact jusqu’au visage pour venir directement « remplir » une ride.

Les protéines sont décomposées en peptides et acides aminés au cours de la digestion.

Certaines recherches sur des peptides de collagène hydrolysé suggèrent des effets possibles sur certains paramètres cutanés, mais les résultats dépendent des produits étudiés, des doses, de la durée et de la qualité des études.

Un complément alimentaire et une crème sont donc deux approches totalement différentes.

Et aucun ne doit être présenté comme une manière de remplacer simplement le collagène perdu.

Peut-on empêcher la perte de collagène ?

On ne peut pas empêcher le temps de passer.

Et ce n’est pas notre objectif.

Mais certains facteurs responsables du vieillissement prématuré peuvent être limités.

La protection contre les UV en fait partie.

Le tabac constitue également un facteur défavorable important pour la peau.

Plus largement, une routine cohérente permet d’accompagner la peau sans lui imposer continuellement des agressions inutiles.

Cela peut paraître moins spectaculaire qu’une promesse de reconstruction.

Mais c’est souvent beaucoup plus sérieux.

Le collagène n’explique pas tout

C’est probablement le message le plus important de cet article.

Nous avons transformé le collagène en symbole du vieillissement cutané.

Mais une peau ne se résume pas à son collagène.

Sa beauté dépend également de son hydratation.

  • De sa barrière cutanée.
  • De sa souplesse.
  • De son grain.
  • De sa luminosité.
  • De son confort.
  • Et de nombreuses structures biologiques qui évoluent simultanément.

Chercher un seul responsable conduit presque toujours à chercher un seul produit miracle.

Or la peau ne fonctionne jamais ainsi.

Chez SHAYKO, nous préférons parler de galbe plutôt que de jeunesse

Cette nuance explique notamment le nom GALBE dans notre univers Visage.

Le mot ne promet pas de revenir en arrière.

  • Il évoque une forme.
  • Une harmonie.
  • Une présence.

Une peau dont on cherche à accompagner la souplesse et l’apparence à mesure qu’elle évolue.

Cette conception nous semble plus juste que la promesse d’une jeunesse éternelle.

Parce que le soin peut accompagner le temps.

Il n’a pas besoin de prétendre l’effacer.

Prendre soin du collagène, c’est aussi prendre soin de l’ensemble

Hydrater correctement une peau ne recrée pas son collagène.

Mais une peau hydratée paraît généralement plus souple et certaines ridules superficielles peuvent sembler moins visibles.

Apporter des lipides ne reconstruit pas le derme.

Mais cela peut améliorer considérablement le confort d’une peau devenue plus sèche.

Protéger la peau du soleil n’arrête pas le vieillissement.

Mais cela contribue à limiter une partie du photovieillissement.

Chaque geste possède donc une fonction.

Et c’est leur cohérence qui construit le soin.

La science permet aussi de renoncer aux promesses impossibles

Comprendre le collagène nous ramène finalement à quelque chose de très simple.

Une matière biologique complexe ne devrait jamais être réduite à un argument marketing.

La science ne retire rien à la poésie du soin.

Elle lui donne au contraire de la profondeur.

Elle permet de comprendre.

De choisir.

Et parfois de dire :

non, une crème ne peut pas faire cela.

Cette capacité à fixer une limite est importante.

Parce que la confiance naît aussi de ce que l’on refuse de promettre.

Chez SHAYKO, nous préférons donc accompagner la peau telle qu’elle est.

Respecter son architecture.

Comprendre son évolution.

Et travailler avec le temps plutôt que contre lui.

Car la précision ne consiste pas à promettre l’impossible.

Elle consiste à savoir exactement où le soin peut commencer — et où sa promesse doit s’arrêter.

« Comprendre la peau, c’est aussi connaître les limites du soin. La précision commence là où s’arrêtent les promesses impossibles. »

SHAYKO Grasse
Quand le soin devient une signature.