Porosité du cheveu : qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Porosité du cheveu : qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Fabrice Turco

Dans l’univers du soin capillaire, certains termes apparaissent soudainement partout.

  • La porosité en fait partie.
  • Faible porosité.
  • Porosité moyenne.
  • Forte porosité.

De nombreux conseils proposent même de construire toute une routine à partir de cette seule caractéristique.

La notion est réelle.

Mais comme souvent en cosmétique, la réalité est plus nuancée que les classifications que l’on retrouve sur les réseaux sociaux.

Pour comprendre la porosité, il faut d’abord regarder le cheveu lui-même.

La fibre capillaire possède une architecture

La partie visible du cheveu est principalement constituée de kératine.

Sa structure comprend différentes couches.

À l’extérieur se trouve notamment la cuticule.

Elle est formée de cellules aplaties qui se superposent à la manière de petites écailles.

Cette enveloppe joue un rôle essentiel.

Elle protège les structures internes de la fibre et influence directement son comportement face à l’eau, aux produits et aux agressions extérieures.

Lorsque l’on parle de porosité, on s’intéresse notamment à la manière dont cette structure permet à l’eau de pénétrer dans la fibre et d’en ressortir.

Qu’est-ce qu’un cheveu poreux ?

Un cheveu dont la surface est davantage altérée peut laisser pénétrer l’eau plus facilement.

Mais il peut également la perdre plus rapidement.

C’est là tout le paradoxe.

Un cheveu très poreux peut absorber rapidement l’humidité sans pour autant la conserver durablement.

  • La fibre peut alors sembler sèche.
  • Rêche.
  • Plus difficile à discipliner.
  • Ou plus sensible aux variations d’humidité ambiante.

La porosité n’est donc pas simplement la capacité du cheveu à « boire » un produit.

Elle décrit un comportement beaucoup plus complexe de la fibre.

Pourquoi certains cheveux deviennent-ils plus poreux ?

La porosité possède une dimension naturelle.

La structure des cheveux varie d’une personne à l’autre.

Mais elle peut également évoluer avec le temps.

  • Colorations.
  • Décolorations.
  • Lissages chimiques.
  • Utilisation répétée d’appareils chauffants.
  • Rayonnement solaire.
  • Frottements.
  • Brossages répétés.

Toutes ces sollicitations peuvent progressivement altérer la surface de la fibre.

Et il faut se rappeler une particularité fondamentale du cheveu.

La longueur visible ne se régénère pas comme la peau.

Une pointe située à plusieurs dizaines de centimètres du cuir chevelu possède déjà une longue histoire.

Les pointes peuvent donc être plus poreuses que les racines

C’est même parfaitement logique.

Les premiers centimètres proches du cuir chevelu sont relativement récents.

Les pointes, elles, peuvent avoir plusieurs années.

  • Elles ont connu davantage de lavages.
  • Davantage de séchages.
  • Davantage de soleil.
  • Davantage de frottements.
  • Une même chevelure peut donc présenter plusieurs états de surface.

Et c’est une raison supplémentaire de ne pas considérer les cheveux comme une matière parfaitement uniforme de la racine jusqu’aux pointes.

Faible porosité signifie-t-elle cheveux en parfaite santé ?

Pas nécessairement.

C’est une autre simplification fréquente.

Une faible porosité indique principalement que la fibre laisse moins facilement pénétrer l’eau.

Cela ne constitue pas à lui seul un diagnostic de « bonne santé » du cheveu.

De la même manière, une porosité plus importante ne permet pas à elle seule de déterminer l’état global d’une chevelure.

  • Diamètre.
  • Forme.
  • Densité.
  • Traitements chimiques.
  • Production de sébum.
  • Habitudes de coiffage.

Tous ces paramètres comptent également.

La porosité est donc un élément d’observation parmi d’autres.

Pas une identité capillaire définitive.

Le célèbre test du verre d’eau est-il fiable ?

Vous avez peut-être déjà vu cette méthode.

On place un cheveu dans un verre d’eau.

S’il flotte, il serait peu poreux.

S’il reste au milieu, sa porosité serait moyenne.

S’il coule, il serait très poreux.

Le problème est que de nombreux paramètres peuvent influencer ce résultat.

Présence de sébum.

Résidus de produits.

Diamètre du cheveu.

Tension superficielle de l’eau.

Manière dont le cheveu est déposé.

Ce test domestique ne permet donc pas d’établir avec précision la porosité d’une chevelure.

Il peut sembler spectaculaire.

Il ne faut simplement pas lui attribuer une valeur qu’il ne possède pas.

Observer ses cheveux est souvent plus intéressant

Certains indices peuvent néanmoins aider à comprendre le comportement de la fibre.

  • Comment les longueurs réagissent-elles lorsqu’elles sont mouillées ?
  • Les cheveux deviennent-ils facilement rêches ?
  • Les pointes semblent-elles particulièrement sèches ?
  • La chevelure réagit-elle fortement à l’humidité ?
  • Les soins semblent-ils rapidement alourdir la fibre ?
  • Les cheveux ont-ils été régulièrement colorés ou décolorés ?

Ces observations racontent souvent davantage qu’un test réalisé avec un seul cheveu.

Faut-il choisir son shampoing selon sa porosité ?

Pas uniquement.

Le shampoing est principalement destiné au cuir chevelu.

La porosité concerne surtout le comportement de la fibre.

Il serait donc réducteur de choisir son shampoing uniquement en fonction d’un niveau supposé de porosité.

Pour le shampoing, il faut d’abord observer le cuir chevelu.

  • Sa production de sébum.
  • Sa fréquence de lavage.
  • Son confort.

Les longueurs peuvent ensuite recevoir des soins adaptés à leur état et à leur comportement.

Cette distinction permet d’éviter de demander à un seul produit de répondre à toutes les problématiques.

Une fibre poreuse peut-elle être « réparée » ?

Le mot réparation doit lui aussi être utilisé avec précision.

La partie visible du cheveu est une matière kératinisée qui ne possède pas la capacité biologique de reconstruire définitivement les zones endommagées comme pourrait le faire un tissu vivant.

En revanche, les produits capillaires peuvent agir sur la surface de la fibre.

Ils peuvent contribuer à améliorer son toucher.

  • Son aspect.
  • Sa souplesse.
  • Sa facilité de coiffage.
  • Et limiter certaines contraintes mécaniques.
  • Le résultat peut être très visible.

Mais il s’agit d’un effet cosmétique sur la fibre, pas d’une régénération biologique du cheveu.

Cette différence est essentielle.

Le soin commence par limiter les agressions inutiles

Lorsque les longueurs deviennent très poreuses, ajouter des produits n’est pas toujours la seule réponse.

  • Il faut également regarder les habitudes.
  • Température excessive du sèche-cheveux.
  • Lisseur très fréquent.
  • Frottement vigoureux avec la serviette.
  • Brossage agressif.
  • Décolorations répétées.
  • Exposition solaire prolongée.

Le soin consiste parfois autant à éviter une contrainte qu’à ajouter un produit.

C’est une philosophie que nous défendons particulièrement chez SHAYKO.

Comprendre plutôt que classifier

La porosité est donc une notion utile.

Elle permet de mieux comprendre pourquoi deux cheveux peuvent réagir très différemment au même produit.

Mais elle ne doit pas devenir une nouvelle règle absolue.

Nous ne sommes pas simplement « faible porosité » ou « forte porosité ».

  • Une chevelure évolue.
  • Les racines et les pointes peuvent être différentes.
  • Les saisons changent.
  • Les habitudes aussi.

Chez SHAYKO, nous préférons donc considérer la porosité comme une clé de lecture.

Une information supplémentaire permettant de mieux observer la matière.

Car connaître ses cheveux ne consiste pas à leur attribuer une étiquette.

Cela consiste à comprendre progressivement leur comportement.

Et c’est précisément lorsque l’on commence à comprendre la matière que le soin devient plus juste.

« Connaître ses cheveux ne consiste pas à les enfermer dans une catégorie, mais à comprendre la manière dont leur matière évolue. »

SHAYKO Grasse
Quand le soin devient une signature.