Pourquoi la barrière cutanée est-elle essentielle ?

Pourquoi la barrière cutanée est-elle essentielle ?

Fabrice Turco

Nous observons notre peau à travers ce que nous voyons.

  • Son éclat.
  • Sa douceur.
  • Ses imperfections.
  • Ses ridules.
  • Sa texture.

Pourtant, une grande partie de son équilibre dépend d’une structure que nous ne voyons pratiquement jamais :

la barrière cutanée.

Elle constitue l’une des premières interfaces entre notre organisme et le monde extérieur.

Jour après jour, elle est confrontée au froid, au vent, aux variations de température, aux frottements, aux nettoyages et à notre environnement.

Lorsqu’elle fonctionne correctement, nous y pensons rarement.

Lorsqu’elle est fragilisée, la peau peut rapidement nous le faire ressentir.

Pour comprendre le soin, il faut donc commencer par comprendre cette barrière.

Où se trouve la barrière cutanée ?

La partie la plus externe de l’épiderme est appelée couche cornée.

Elle est constituée notamment de cellules appelées cornéocytes, entourées d’une organisation lipidique complexe.

Une image est souvent utilisée pour expliquer cette architecture :

des briques et du mortier.

Les cornéocytes représenteraient les briques.

Les lipides présents entre eux joueraient le rôle du mortier.

Cette comparaison est simplifiée, mais elle permet de comprendre un principe essentiel : la barrière cutanée n’est pas une simple pellicule déposée sur la peau.

C’est une véritable organisation biologique.

De quels lipides parle-t-on ?

Parmi les lipides importants de la couche cornée figurent notamment les céramides, le cholestérol et les acides gras.

Leur organisation contribue à maintenir la cohésion de la barrière.

Ces lipides jouent également un rôle essentiel dans la capacité de la peau à limiter les pertes excessives en eau.

C’est pourquoi parler d’hydratation sans parler de lipides donne une vision incomplète du fonctionnement cutané.

La peau ne doit pas seulement disposer d’eau.

Elle doit aussi être capable de la retenir.

Une barrière contre la perte en eau

Notre peau perd naturellement de l’eau vers l’environnement.

Ce phénomène est normal.

On parle notamment de perte insensible en eau ou de perte d’eau transépidermique.

Lorsque la barrière cutanée fonctionne correctement, elle contribue à réguler cette perte.

Lorsqu’elle est altérée, l’eau peut s’échapper plus facilement.

La peau peut alors devenir plus sèche ou déshydratée.

  • Elle peut tirer.
  • Perdre de sa souplesse.
  • Et sembler soudainement moins confortable.

Nous retrouvons ici le lien avec la différence entre peau sèche et peau déshydratée que nous avons précédemment abordée.

Mais la barrière cutanée ne sert pas seulement à conserver l’eau

Son rôle est beaucoup plus large.

La peau constitue une interface avec notre environnement.

La barrière cutanée participe ainsi à limiter la pénétration de nombreuses substances extérieures et contribue à protéger les structures situées en dessous.

Elle fait donc partie d’un système de défense extrêmement sophistiqué.

Cela ne signifie pas que la peau est totalement imperméable.

Elle ne l’est pas.

Mais sa capacité à contrôler les échanges avec l’environnement est fondamentale.

Comment savoir si la barrière cutanée est fragilisée ?

Il n’existe pas un signe unique.

Une peau dont la barrière est perturbée peut notamment présenter davantage :

  • de tiraillements,
  • de sécheresse,
  • de desquamation,
  • d’inconfort,
  • ou de réactions face à des produits habituellement bien tolérés.
  • La peau peut également donner l’impression que « tout la dérange ».

Mais ces signes ne sont pas spécifiques à une seule cause.

Une rougeur persistante, une irritation importante ou une réaction inhabituelle peuvent avoir différentes origines et nécessiter un avis dermatologique.

Le rôle du soin cosmétique n’est pas de poser un diagnostic.

Il est d’accompagner la peau dans son fonctionnement quotidien.

Qu’est-ce qui peut fragiliser cette barrière ?

Parfois, nous cherchons tellement à améliorer notre peau que nous finissons par trop la solliciter.

  • Nettoyages très fréquents.
  • Produits trop détergents.
  • Exfoliations répétées.
  • Accumulation d’actifs.
  • Frottements.
  • Mais l’environnement joue également un rôle.
  • Le froid.
  • Le vent.
  • Un air très sec.
  • Le chauffage.
  • La climatisation.
  • Les variations de température.
  • L’exposition solaire.
  • La barrière cutanée est donc continuellement en adaptation.

Le nettoyage : indispensable, mais avec mesure

Nettoyer sa peau est nécessaire.

Le sébum en excès, les particules, les résidus de maquillage et les produits accumulés au cours de la journée doivent pouvoir être éliminés.

Mais rechercher une sensation de peau totalement « décapée » après le nettoyage n’est pas nécessairement souhaitable.

Cette sensation très nette, presque crissante, peut parfois être interprétée comme la preuve d’un nettoyage particulièrement efficace.

En réalité, la peau n’a pas besoin d’être débarrassée de tout ce qui se trouve à sa surface.

Nettoyer avec précision est différent de décaper.

C’est une distinction fondamentale dans une routine de soin.

Plus de soins ne signifie pas toujours une meilleure barrière

Lorsque la peau devient inconfortable, notre premier réflexe peut être d’ajouter.

  • Un sérum.
  • Puis un autre.
  • Une huile.
  • Une crème.
  • Un masque.
  • Un actif supplémentaire.

Pourtant, lorsque la peau est fortement sollicitée, simplifier temporairement une routine peut parfois être plus cohérent que la complexifier.

  • Un nettoyage adapté.
  • Une hydratation appropriée.
  • Des lipides lorsque la peau en a besoin.
  • Et une protection solaire.

La sophistication d’une routine ne se mesure pas au nombre de produits présents dans la salle de bain.

Quel rôle joue une crème ?

Une crème peut remplir plusieurs fonctions selon sa formulation.

  • Elle peut apporter de l’eau.
  • Des humectants capables d’accompagner le maintien de l’hydratation.
  • Des émollients qui améliorent la souplesse et le toucher.
  • Des matières lipidiques qui participent au confort de la peau.
  • Certaines formules contiennent également des ingrédients spécifiquement choisis pour accompagner la fonction barrière.

Mais toutes les crèmes ne sont pas identiques.

C’est précisément pourquoi la texture et la composition doivent être adaptées aux besoins de la peau.

Et les huiles ?

Les huiles ont une place différente.

Elles n’apportent généralement pas d’eau.

En revanche, elles apportent des matières lipidiques et peuvent contribuer à améliorer le confort et à limiter l’évaporation de l’eau à la surface.

Une huile et une crème ne sont donc pas nécessairement concurrentes.

Selon la peau et la routine, elles peuvent répondre à des fonctions différentes.

Nous reviendrons plus précisément sur cette distinction dans notre prochain article consacré à une question essentielle :

faut-il hydrater ou nourrir sa peau ?

La barrière cutanée évolue avec l’âge

Comme de nombreux mécanismes cutanés, son fonctionnement évolue au cours de la vie.

La production de certains lipides peut changer.

La capacité de la peau à maintenir son équilibre peut évoluer.

Certaines peaux deviennent progressivement plus sèches ou demandent davantage de confort.

Cela explique pourquoi une texture parfaitement adaptée à 30 ans peut ne plus correspondre aux mêmes besoins quelques décennies plus tard.

Le soin doit pouvoir accompagner cette évolution.

Pas lutter contre elle.

Chez SHAYKO, protéger avant de surcorriger

Cette compréhension de la barrière cutanée rejoint profondément notre vision du soin.

Nous ne pensons pas qu’une peau doive être continuellement poussée, exfoliée ou corrigée.

Elle possède déjà une intelligence biologique remarquable.

Le rôle du soin est aussi de respecter ce fonctionnement.

  • Nettoyer lorsque cela est nécessaire.
  • Hydrater.
  • Apporter du confort.
  • Accompagner la fonction barrière.
  • Et choisir les textures avec précision.

C’est également ce qui explique la diversité des textures dans notre univers Visage.

Un fluide ne répond pas exactement au même besoin qu’une crème riche.

Un sérum ne joue pas le même rôle qu’une huile.

Chaque geste possède sa place.

Prendre soin de la peau commence parfois par ne pas la perturber

C’est probablement l’idée la plus importante.

Nous recherchons souvent l’ingrédient capable de transformer notre peau.

Mais avant de chercher à la transformer, il peut être plus pertinent de préserver ce qu’elle sait déjà faire.

  • Se protéger.
  • Maintenir son équilibre.
  • Renouveler ses cellules.
  • Interagir avec son environnement.
  • La barrière cutanée nous rappelle ainsi une certaine conception du soin.
  • Moins spectaculaire.
  • Mais peut-être plus juste.

Chez SHAYKO, nous croyons que la précision commence ici :

comprendre la peau avant de chercher à la corriger.

« Prendre soin de la peau ne consiste pas toujours à lui demander davantage, mais souvent à préserver ce qu’elle sait déjà faire. »

SHAYKO Grasse
Quand le soin devient une signature.